Motion de la Commission femmes

21èmeCongrès de la FASTI

 

Lorsqu’il y a 40 ans, la FASTI est créée, la France compte relativement peu d’immigration féminine. Les difficultés des femmes immigrées n’ont alors pas à proprement parler d’écho au niveau national. À partir de 1974, avec la fermeture des frontières et l’organisation institutionnelle du regroupement familial, les femmes commencent à arriver afin de rejoindre leurs époux travailleurs immigrés. C’est ainsi que leurs difficultés familiales, professionnelles ou sociales apparaissent dans les Associations de Solidarité avec les Travailleurs Immigrés.

 

Du statut de mère ou de celui de travailleuse immigrée, les femmes vont peu à peu témoigner de la double oppression qu’elles subissent en tant que femmes et en tant qu'étrangères. Des activités basées sur la solidarité entre femmes s’organisent alors (alphabétisation, ateliers, etc.) afin de développer leur autonomie.

 

Dans les années 80 apparaissent les premières revendications pour la considération des persécutions liées au genre féminin. Des actions collectives et des groupes se constituent dans les ASTI. Au niveau national, des rencontres s’organisent autour de ces questions dès 1982. Le 4 décembre 1993, la FASTI organise un forum intitulé « Droit d’asile pour les femmes » qui réunit de nombreuses organisations. Y étaient déjà dénoncées la non reconnaissance des violences faites aux femmes en raison de leur sexe (mariage forcé, excision,…) et la difficulté pour les femmes à obtenir le droit d’asile lorsqu’elles ont fui les persécutions qu’elles subissaient en tant que femmes.

 

C’est issue d’un double mouvement que réapparaît en 1997, la Commission nationale Femmes de la FASTI : elle émerge des activités et des réflexions autour de la question des femmes dans les ASTI, et elle répond à un besoin de positionnement et de revendications publiques et nationales pour les droits des femmes immigrées. De l’existence d’un statut juridique autonome des femmes (sortie de la simple « carte de regroupement familial » en tant qu’épouses d’immigrés) à la revendication ferme et non négociable de l’exigence d’un titre de séjour pour sortir de la prostitution, la commission femmes de la FASTI n’a cessé de se placer aux cotés des femmes en relayant les actions de terrain des ASTI (alphabétisation, formation professionnelle, accueil et accompagnement juridique,….).

 

Aujourd'hui, une part de plus en plus importante de femmes fait le choix de venir s'installer en France pour réaliser leur projet de vie,

 

Progressivement, la commission s’est organisée en non-mixité pour que des femmes se positionnent entre elles et pour elles-mêmes, sur les questions qui sont propres à leur statut de femmes. Ses objectifs sont aujourd’hui de :

 

  • Confronter les expériences et les réflexions qui émergent des ASTI, notamment concernant l’accueil spécifique des femmes immigrées au cours des permanences, en vue de l’améliorer ;
  • Réunir des femmes françaises et immigrées, échanger nos compétences, afin de favoriser l’autonomie des femmes, en leur donnant les moyens de s’organiser par et pour elles-mêmes ;
  • Mobiliser, sensibiliser et informer sur les inégalités des droits des femmes immigrées.

 

Nous saisissons l’occasion des 40 ans de la FASTI pour réaffirmer notre solidarité avec les femmes. Dans ses actions de terrain comme dans son action politique, la commission se tient toujours au coté des femmes, au quotidien. Dans le discours ambiant emprunt de xénophobie, la commission s’applique à trouver les voies et les moyens à même de faire progresser les droits des femmes immigrées tout en respectant l’identité de chacune.

 

Ainsi, il nous paraît fondamental de rappeler que dans tout accompagnement lié à une violence, il est essentiel que la personne victime soit actrice de la démarche qu’elle entreprend.

 

C’est pourquoi, nous dénonçons fermement l’excision, atteinte à l’intégrité physique et morale des fillettes et compromet gravement leur vie future de femmes. Nous dénonçons de la même manière les positions ultra-sanitaires des pouvoirs publics (ministère de la Santé et ministère de l’Intérieur) qui, sous prétexte de protection de la santé des petites filles, surveillent et stigmatisent les populations étrangères résidant en France. Le refus des pratiques discriminatoires et rétrogrades ne doit pas nous mener à porter un regard paternaliste et/ou néo-colonialiste sur les personnes étrangères et leurs pratiques culturelles et traditionnelles. En l’espèce, la vigilance et l’accompagnement à l’autonomie reste les meilleures armes contre toute forme de violence.

 

Il reste néanmoins fondamental pour nous, de ne pas tout justifier au nom du respect de l’identité culturelle d’une personne : polygamie, mariage forcé, excision, etc.

 

Aujourd’hui encore, une femme immigrée qui divorce, se voit refuser le renouvellement de ses papiers. Cette double violence, qui s’exerce dans un contexte de régression généralisée des droits des étranger-e-s sur le sol français, pénalise notamment les femmes ressortissantes de pays ayant signé des accords bilatéraux avec la France (application du Code de la famille pour les femmes algériennes résidentes en France, de la Moudawana pour les femmes marocaines etc.). Elles subissent d’une part une législation discriminatoire au nom de la spécificité culturelle et d’autre part un refus de renouvellement de leur titre de séjour.

 

En somme, nous rejetons toute forme d’exclusion et restons au côté des femmes dans toutes les démarches qu’elles entreprennent qui peuvent garantir leur autonomie, leur émancipation et leur bien être.

 

Tout en réaffirmant notre engagement auprès de nos camarades que nous assurons de notre solidarité sans faille dans la lutte contre les politiques anti-immigration qui se succèdent en France et en Europe.

 

Face à :

  • L’asservissement des femmes au système patriarcal,
  • L’asservissement des femmes au système économique (par, entre autres, l’internationalisation du système prostitutionnel, la « marchandisation » du corps des femmes, notamment dans la publicité, l’accroissement de la précarité économique des femmes, la perpétuation des inégalités femmes/hommes au travail, etc.),

 

Le congrès tient à réaffirmer :

  • Sa solidarité avec toutes les femmes françaises, et étrangères vivant en France, face à la violence d’un État capitaliste et patriarcal,
  • Sa solidarité avec toutes les femmes soumises à des violences patriarcales, intégristes, fondamentalistes, traditionalistes, qui perdent leurs vies, sont mutilées, sexuellement, physiquement ou moralement
  • Sa solidarité avec les femmes qui ont fait le choix de venir s'installer en France

 

Nous revendiquons :

  • L’égalité des droits entre les hommes et les femmes,
  • L’égalité des droits entre les femmes françaises et les femmes immigrées,
  • La protection effective de toute femme victime de violence,
  • La reconnaissance des femmes comme groupe social et l’octroi du statut de réfugiée aux femmes victimes de violences du fait de leur statut de femme ou pour leur orientation sexuelle,
  • L’autonomie juridique des femmes en général,
  • L’accès à une carte de dix ans pour toutes, indépendamment de leur statut marital,
  • L’abrogation des conventions bilatérales,
  • Une citoyenneté pleine et entière sans discrimination,
  • Le droit pour toute personne à des conditions de travail, à un revenu et à logement décents,
  • La libre circulation et la libre installation de toute personne sur le sol français.

 

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