Gavsa : Le pouvoir tunisien accentue sa répression



 

Communiqué du CEDETIM*
*Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale
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GAFSA : LE POUVOIR TUNISIEN ACCENTUE SA REPRESSION

Solidarité avec Mouhieddine Cherbib, président de la FTCR

Liberté pour tous les militants inculpés et/ou incarcérés !

 

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 Nous apprenons que les autorités tunisiennes viennent d’inculper, Mouhieddine Cherbib, président de la FTCR et militant de longue date du Cedetim, sous l’accusation aussi fallacieuse que grossière de "financement d’une bande de malfaiteurs", au même titre que 50 autres personnes (membres de la direction du mouvement de lutte, syndicalistes, jeunes chômeurs). Les 51 risquent ainsi de 6 à 12 ans de prison et 120 à 1200 dinars tunisiens d’amende.

 Cette inculpation n’a qu’un seul motif et même but : criminaliser la solidarité internationale et, en particulier, le soutien indéfectible de la FTCR à la lutte des habitants du bassin minier de Gafsa pour la justice sociale et les libertés. En effet, depuis le 5 janvier, date des premières révoltes, la FTCR soutient la lutte sans faille que mène la population locale du Bassin minier de Gafsa (Tunisie) pour protester contre le chômage et le népotisme du pouvoir local.

 

Dès le début du conflit, la police tunisienne a multiplié les arrestations et les brutalités contre les manifestants. En avril, des dirigeants syndicaux, parties prenantes des manifestations, dont Adnane Hajji, porte-parole des habitants de Redeyef, ville d’où le conflit est parti, étaient passés à tabac et emprisonnés. En juin, la répression montait encore d’un cran, avec la mort d’un jeune manifestant de 25 ans, Hafnaoui Maghraoui, tué par une balle policière et de nombreux blessés dont Abdelkhalak Ben M’Barak ben Ahmed Amaydi qui décède de ses blessures en septembre ; l’armée se déployait aussitôt dans toute la région, pour contenir les manifestations de solidarité avec les habitants tandis, le pouvoir refusant toutes négociations réclamées par les habitants sur l’emploi, la corruption et les inégalités. Des peines de trois à cinq ans d’emprisonnement ont été infligées à des manifestants, hommes et femmes, sans armes ; La militante Zakia Dhifaoui, condamnée à huit mois de prison ferme, M. Ess’ghaier Belkhiri, immigré tunisien résidant à Nantes arrêté à son arrivée en Tunisie, condamné et incarcéré, et finalement libéré un mois plus tard grâce à la solidarité internationale.

Avec l’inculpation de Mouhieddine Cherbib, le pouvoir tunisien s’en prend désormais directement aux soutiens des habitants et les poursuit partout à l’instar des pires régimes policiers.

L’impunité du régime

Le Cedetim condamne cette tentative de criminalisation de la solidarité internationale, qui ne vise qu’à faire taire les voix dissidentes soucieuses du respect des droits démocratiques et des libertés.

Le Cedetim réaffirme son soutien aux populations du bassin minier, rappelle la légitimité et le caractère pacifique de leurs luttes pour le droit au travail et à une vie digne. Il exige la libération immédiate de toutes les personnes incarcérées et l’abandon de toutes les poursuites engagées.

Il apporte tout son soutien à Mouhieddine Cherbib, militant exemplaire de la solidarité internationale et des libertés démocratiques, et appelle toutes les organisations de solidarité internationale à condamner publiquement cette répression et le silence, sinon la complicité de la France et de l’Europe.

Il rappelle l’obligation pour les autorités tunisiennes de se conformer à l’accord UE/Tunisie qui comporte l’engagement clair au respect des droits humains. Il revient ainsi à la France et à l’Europe d’exiger de la Tunisie la garantie des libertés essentielles et des droits sociaux correspondant à un Etat de droit.

Paris, le mercredi 17 septembre 2008

Plus d’informations sur la situation actuelle à Gafsa :

- Site de la [FTCR : http://www.citoyensdesdeuxrives.eu/

- Lire Karine Gantin, Omeyya Seddik, « Révolte du « peuple des mines » en Tunisie » dans/ Le Monde diplomatique / : http://www.monde-diplomatique.fr/20...

Communiqués de presse en ligne : http://www.reseau-ipam.org/spip.php...