Motion de la Commission fédérale Femmes

25ème Congrès du 14 au 17 mai 2015 à Menthon-Saint-Bernard

Inventer un féminisme porteur de transformation sociale et d’émancipation de toutes et tous


Dans un contexte où la mondialisation capitaliste ne cesse de progresser, les inégalités se creusent au détriment des classes les plus paupérisées et les plus dominées, renforçant ainsi toujours plus un ordre social  inégalitaire. Les politiques néolibérales, la marchandisation de pans entiers de l'activité humaine (santé, éducation, brevetage du vivant), le pillage des matières premières,  les interventions militaires  au nom de valeurs « universelles », les guerres ont des effets dévastateurs spécifiques sur les femmes : violences sexuelles, dépendance, paupérisation…

A ces inégalités s’ajoute pour toute une partie de la population - les habitant-e-s des Suds - une assignation à résidence mise en place par une Europe qui sécurise toujours et encore plus ses frontières. Les femmes sont de plus en plus nombreuses à s’engager dans un projet migratoire autonome, elles représentent plus de la moitié des personnes migrantes. Elles sont de plus en plus nombreuses à prendre tous les risques sur les différentes routes migratoires et à se heurter aux politiques européennes mortifères qui déshumanisent les migrant-e-s et les présentent comme des « ennemi-e-s de l’extérieur », des « envahisseurs » dont il faudrait impérativement se protéger.

Ce traitement des étranger-e-s se retrouve au sein même des Etats avec la figure des « ennemi-e-s de l’intérieur »., repose sur la construction de l’Autre  pensé et traité comme « non intégrable » ou « non intégré », la hiérarchisation entre le « Nous » et le « Eux » opposant celles et ceux qui devraient être uni-e-s. Ces discours et politiques racistes ont un impact genré sur les femmes : injonction à se désolidariser de leur culture d’origine, injonction à l’émancipation sur le modèle occidental, injonction au dévoilement.

Face à ce contexte qui occulte les causes historiques, sociales, économiques et politiques des inégalités, dans lequel les droits des femmes ne cessent d’être remis en cause à travers les discours antiféministes, les politiques antisociales d’austérité, la persistance du sexisme, le combat féministe est toujours d’actualité. Nos droits dépendent de nos luttes qui, elles seules, permettent de faire avancer l’égalité. Aussi dans ce contexte de régression sociale, nous devons reposer les bases d’un féminisme comme véritable mode d’organisation autonome des femmes qui soit capable d’inclure les femmes dans toutes leurs expressions. Un féminisme qui soit porteur d’un véritable projet de transformation sociale et d’émancipation pour toutes et tous.

Un féminisme inclusif et solidaire

Nous devons inventer un féminisme qui s’appuie sur les réalités vécues par les femmes, capable de révéler et combattre les systèmes de domination  qui façonnent les inégalités structurelles.

 

Sortir de l’idéologie des dominants

Face à cet ordre du monde inégalitaire, nous devons inventer un nouvel imaginaire social féministe  fondé sur les expériences et le vécu de chacune d’entre nous. Nous devons construire collectivement notre récit du monde et rompre avec les catégories d’analyses des dominants. Changer de paradigme nécessite de :

Combattre une vision ethnocentrée du féminisme. L’Etat, en accaparant la parole féministe et en en faisant une valeur intrinsèque de la République, laisse penser que le sexisme et les violences à l'encontre des femmes seraient majoritairement présents dans les quartiers populaires et chez les hommes immigrés. Cette analyse occulte  l’inégalité des rapports sociaux entre les sexes qui traversent notre société dans son entier. La violence à l'égard des femmes n'épargne aucun milieu social. Propager l'idée que certains hommes, du fait de leur origine sociale ou « culturelle », seraient plus sexistes que d'autres revient à minimiser d'autres violences et à participer à la stigmatisation d'une partie de la population. Cette vision ne permet pas de penser les contextes politique, économique et social dans lesquels naissent les oppressions subies par les femmes et ne permet pas d’éradiquer le Patriarcat en tant que forme d’organisation sociale, politique et économique basée sur la domination des hommes sur les femmes

- Mettre au centre de l’analyse la question sociale plutôt que la question raciale. Les femmes « racisées » et, d’abord, celles qui habitent les quartiers populaires, sont les premières victimes du démantèlement du Code du Travail, du chômage, de la marchandisation des services publics, de la casse du système éducatif et sanitaire. Nous refusons la justification de ces inégalités par des causes liées à la culture ou à l’origine supposée et devons remettre l’analyse des rapports sociaux de classe au cœur de notre mouvement féministe

- Mettre au centre la question de l’égalité des droits. Cela passe par un projet de transformation sociale  capable de remettre en question toute structure politique et idéologique de domination et d’exploitation. L’abolition des systèmes d’oppression patriarcale, raciste et capitaliste est un préalable nécessaire à l’égalité réelle entre toutes et tous.

Construire un nouvel imaginaire social implique non seulement de nous désolidariser de cette manière « d’être ensemble » telle qu’elle est pensée aujourd’hui. Cela nécessite aussi de remettre en question nos propres représentations et de prendre conscience des places que nous occupons dans les différents rapports de domination. Nous devons décoloniser notre vision du féminisme.

 

Déconstruire nos propres représentations

- Penser un féminisme intersectionnel et inclusif nécessite de co-construire un mouvement capable de penser l’imbrication des différents rapports sociaux de sexes, classe et « race » sans les hiérarchiser. De tenir compte des différentes manières dont ils agissent sur les unes et les autres selon la position que nous occupons dans l’espace social. Nous devons inventer un féminisme qui nous unisse dans nos diversités : femmes racisées, lesbiennes, femmes précarisées, femmes sans papiers etc... Nos identités sont multiples et ne peuvent être réduites.

Inventer un féminisme véritablement anti-raciste. La question du voile est emblématique de la manière dont nous ne parvenons pas à penser l’articulation entre la lutte anti-sexiste et la lutte anti-raciste. Il nous appartient de lutter contre la mise en concurrence des luttes au détriment des premières concernées : on exclut les femmes voilées au nom des droits des femmes et de leur émancipation.  Nous devons refuser que le féminisme serve de caution au racisme en rendant « respectable » l’islamophobie qui a par ailleurs un impact genré important. Les femmes représentent 81% des victimes d’actes islamophobes (dévoilements forcés, agressions physiques, insultes).

Mettre au cœur de nos luttes la parole des premières concernées et soutenir leur auto-organisation.

- Etre attentives à ne pas reproduire les relations de domination au sein du mouvement des  femmes car si nous refusons le sexisme « bienveillant » nous devons aussi refuser le racisme « bienveillant », celui qui explique les inégalités par des différences culturelles.

Pour cela la commission Femmes se donnera les moyens de :

 

  • Dans chaque ASTI, associer et informer les adhérent-e-s et bénévoles des activités, revendications et luttes de la commission nationale Femmes;
  • Sensibiliser la population aux problématiques Femmes à travers des rencontres, des brochures et autres rendez-vous et publications ;
  • Renforcer la capacité d’agir des femmes au sein de notre Mouvement ;
  • Poursuivre la réflexion sur le genre, la migration et le racisme ;
  • Lutter pour faire avancer les droits des femmes et l’égalité réelle entre toutes et tous ;
  • Lutter contre les politiques d'austérités, en particulier le démantèlement des services publics ;
  • S’associer, de façon transversale, aux travaux des autres Commissions et activités de la FASTIpour une remise en cause globale des systèmes d’oppression.

 

Nous revendiquons :

  • L’égalité des droits entre les hommes et les femmes,
  • L’égalité des droits entre les femmes françaises et les femmes étrangères,
  • La protection effective de toutes les femmes victimes de violence,
  • Le droit inaliénable des femmes à disposer de leurs corps,
  • La formation à l’accueil, dans toutes les instances d’accueil, des femmes victimes de violence et de discriminations diverses,
  • La reconnaissance des femmes comme groupe social dans la Convention de Genève et l’octroi du statut de réfugiée aux femmes persécutées en raison de leur genre ou de leur orientation sexuelle,
  • La reconnaissance juridique des féminicides et du viol comme arme de guerre,
  • L’autonomie juridique des femmes,
  • La régularisation de toutes les femmes sans papiers avec une carte de 10 ans,
  • La citoyenneté pleine et entière sans discrimination,
  • Le droit pour toute personne à des conditions de travail, à un revenu et à logement décents,
  • La libre circulation et la libre installation de toutes et tous.

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 24ème Congrès du 9 au 12 mai au Havre

 

Sarkozy chassé, le nouveau gouvernement a mis en place un ministère des Droits des femmes. Des ajustements à la marge montrent clairement que, même dans ce domaine, le changement n’est pas pour maintenant. Sans une véritable politique volontariste d’égalité réelle entre toutes et tous et des mesures concrètes pour l’abolition du système patriarcal, les rapports sociaux de genre restent sous le signe de la domination hétéro-patriarcale.

Les inégalités découlant du système de domination patriarcale persistent dans tous les domaines.


La division sexuelle et ethnicisée du travail a des conséquences sur la précarisation des femmes, notamment des femmes migrantes (métiers dit « féminins », difficultés à accéder à certains métiers dit « masculins », « plafond de verre », surreprésentation des femmes dans les emplois précaires et à temps partiels imposés, inégalité de salaires et de retraites).
Dans la sphère privée, les tâches domestiques et l’éducation des enfants restent majoritairement à la charge des femmes.
Du fait de la crise et de l’austérité, elles sont les premières touchées par le chômage, les réformes budgétaires. Contraintes de quitter le monde du travail elles pallient aux carences de l’État (prise en charge des enfants, des parents âgés) et sont renvoyées à un rôle assigné de « pilier de la famille ».
Dans l’espace public, les normes sociales dominantes et le non-respect des règles paritaires (partis politiques, élections, etc.) associées à l’intériorisation de ces normes privent les femmes de visibilité.
Toutes ces inégalités, accrues pour les femmes étrangères, relèvent d’une conception traditionnelle des rôles sociaux attribués aux femmes et aux hommes. Conception qui renvoie à une prétendue essence naturelle des différences qui sont en réalité des constructions sociales, fruits de rapports de domination.

Les violences sexistes persistent...


Malgré la volonté affichée par l’État depuis plusieurs années de lutter contre les violences, les moyens mis en œuvre sont loin d’être suffisants : manque de dispositifs d’hébergements adaptés, défaut d’accompagnement global des victimes, lenteur du système judiciaire, inapplication des lois existantes, difficulté à faire reconnaître les violences, notamment psychologiques. Autant d’obstacles qui ne permettent pas aux femmes de sortir des situations de violences.
S’apparentant parfois à de véritables féminicides (quand une femme battue décède des suites de violences conjugales), ces violences sont renforcées par la banalisation et la marchandisation du corps des femmes dans l’espace public.
Pour combattre les violences sexistes il faut de véritables moyens : une protection effective et en amont une véritable éducation non violente à l’égalité femmes-hommes.

Les attaques contre les droits des femmes viennent de tous les fronts.


La résurgence des stéréotypes sexués, de l’image de « LA » femme et de la famille traditionnelle véhiculés par les discours conservateurs ou les fondamentalistes religieux, cristallisées depuis plusieurs mois dans les arguments des opposant-e-s au mariage pour tou-te-s , remettent en cause l’émancipation et l’autonomie des femmes.
L’exclusion d’une partie des femmes de la sphère publique au nom d’une laïcité dévoyée (par exemple, les lois concernant l’extension de l’interdiction du port du voile aux assistantes maternelles).
La montée de l’anti-féminisme et du masculinisme, ces dernières années, constituent une réelle menace contre les acquis et les droits des femmes : remise en cause du droit fondamental à disposer de son corps (attaques du droit à l’IVG, à la contraception,...), remise en cause de la théorie du genre qui constituerait une « dangereuse idéologie ».
Nous réaffirmons la nécessité, aujourd’hui encore, d’être féministes !

Toutes ces attaques aussi diverses soient-elles, partagent une idéologie commune : la réassignation des femmes au foyer, à une fonction de reproductrice et à un rôle d’épouse.
Elles ne sont pas l’apanage de quelques personnes isolées mais bien le fait de nombreux mouvements organisés dans le but de remettre en cause l’autonomie, l’égalité et les droits des femmes.

Femmes immigrées : une négation des droits et de l’autonomie


Le durcissement des politiques migratoires toujours plus restrictives et le régime d’exception imposé aux étranger-e-s génèrent et renforcent la vulnérabilité, précarisent les femmes immigrées (aggravation des problèmes de santé, aggravation des risques de violences) et portent atteinte à leurs droits.

Le climat de suspicion généralisée à l’égard des personnes étrangères et les discriminations légales ont des conséquences désastreuses pour les femmes :
  • Protection au rabais pour les femmes étrangères victimes de violences : Inapplication du peu de dispositifs existants, vision utilitariste de la protection avec un droit au séjour conditionné par la coopération judiciaire pour les victimes de traite des êtres humains ou selon la nationalité pour les ressortissantes algériennes;
  • Peu de prise en compte du genre dans l’examen des demandes d’asile : Des décisions récentes montrent une précarisation de la protection accordée aux femmes persécutées renvoyant les violences de genre au domaine du conflit privé;
  • Entrave aux droits fondamentaux : accès restreint au droit au travail, à de nombreux droits sociaux, au droit au logement, à l’accès aux soins, au droit au mariage avec l’instauration de la loi sur les mariages dits « gris »;
  • Renforcement de la dépendance conjugale lorsque le droit au séjour est lié à celui du conjoint.

La commission Femmes tient à réaffirmer sa solidarité avec toutes les femmes qui, partout, dans le
monde, avec ou sans papiers, résistent et se battent pour leurs droits.
Elles sont actrices des combats, des luttes pour l’émancipation, sujets politiques à part entière. La présence massive et la visibilité des femmes au Forum social mondial de Tunis en ont été une des démonstrations.

Lutter pour l’autonomie et l’égalité de toutes les femmes nécessite de ne pas isoler le féminisme des autres luttes contre les inégalités (sociales, en fonction de l’origine). Ce n’est qu’en tenant compte de l’articulation des rapports sociaux de domination (sexe, classe, « race ») qui traversent notre société que nous pourrons lutter pour une réelle égalité.


Nous revendiquons :
  • L’égalité des droits entre les hommes et les femmes;
  • L’égalité des droits entre les femmes françaises et les femmes étrangères;
  • La protection effective de toutes les femmes victimes de violence;
  • Le droit inaliénable des femmes à disposer de leurs corps;
  • La formation à l’accueil, dans toutes les instances d’accueil, des femmes victimes de violence et de discriminations diverses;
  • La reconnaissance des femmes comme groupe social dans la Convention de Genève et l’octroi du statut de réfugiée aux femmes persécutées en raison de leur genre ou de leur orientation sexuelle;
  • La reconnaissance juridique des féminicides et du viol comme arme de guerre;
  • L’autonomie juridique des femmes;
  • L’abrogation des accords bilatéraux;
  • La régularisation de toutes les femmes sans papiers avec une carte de 10 ans;
  • La citoyenneté pleine et entière sans discrimination;
  • Le droit pour toute personne à des conditions de travail, à un revenu et à logement décents;
  • La libre circulation et la libre installation de toutes et tous.

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23ème Congrès du 2 au 5 juin 2011 à Nîmes

 

Depuis sa création, la Commission Femmes de la FASTI a toujours été solidaire des femmes migrantes et immigrées. S’attachant à combattre la domination du patriarcat et du capitalisme, notre Commission lutte contre les violences spécifiques faites aux femmes étrangères (traite, viols comme arme de guerre, excision, mariage forcé…) et pour leur autonomie sociale et financière.

 

Aujourd’hui, l’instrumentalisation des migrant-e-s et des migrations à des fins électorales est de plus en plus prégnante, comme le montre la loi Besson avec le retour du bannissement, les mariages gris, les zones d’attentes sac à dos, le débat sur l’identité nationale, les Auvergnats d’Hortefeux, ou encore les « délinquants » de Zemmour.

Dans ce contexte, la construction du discours sur « la » Femme que le gouvernement dit vouloir défendre devient l’instrument d’une division. « La » femme immigrée ou issue de l’immigration est pensée, par une grande partie de la classe politique, phallocentrée et europeanocentrée, comme la victime du machisme « culturalisant » de leur mari, frère, cousin.

Selon les tenants de cette pensée dominante, « la » femme immigrée devrait répondre positivement aux injonctions de désolidarisation et couper ses racines culturelles. Des racines supposées être en contradiction avec les principes de la société « moderne ». Le « sauvage » qu’est l’immigré, de plus s’il est musulman, est par essence, par nature sexiste. Il n’est pas encore parvenu à se civiliser. Antiféministe parce que la domination patriarcale est « ailleurs » dans les quartiers populaires, chez les immigré-e-s, chez les Musulman-e-s.

Cette injonction n’est pas nouvelle dans l’histoire de la France républicaine. Des cérémonies de dévoilement des femmes algériennes sur la place publique, durant l’entreprise coloniale « civilisatrice » à la loi sur la « Burqa », les dirigeants politiques ont instrumentalisé les femmes afin de diviser pour mieux régner et dévaloriser l’Autre. Mais qu’en est-il de l’intérêt réel des femmes migrantes ? En effet, que dire des femmes « voilées », empêchées d’accompagner leurs enfants lors des sorties scolaires ? Interdites d’accès à l’école même quand il s’agit de rencontrer un/une enseignant-e, rejetées, renvoyées ainsi, à un statut de paria. Femmes musulmanes stigmatisées, mises au ban de la société au nom d’une laïcité dévoyée.

Qu’elles soient françaises issues de l’immigration, étrangères avec ou sans-papiers, mères d’enfants français, les politiques publiques, véritables tentatives de rationalisation du rejet, les prennent en otage. Parce que finalement, en quoi cette loi sur l’interdiction de la burqa participerait-elle à l’autonomisation des femmes ? Dans quelle mesure adopter une loi qui concerne une partie infime de la population pourrait servir l’intérêt des femmes, et ne pas cibler encore la même population : femmes et musulmanes (pas étrangères).

Dans un contexte national de racisme d’État (débat sur la laïcité, l’identité nationale, montée du Front National, propos racistes et stigmatisant des responsables politiques), et sans lutte réelle contre les discriminations cumulées que subissent les femmes étrangères ou issues de l’immigration, la construction du sexisme et du racisme se rejoignent ; elle est similaire en termes de fonctionnement systémique : discrimination, rationalisation, dévalorisation.

La lutte contre les violences à l’égard des femmes a été déclarée grande cause nationale de l’année 2010 par le gouvernement. Parallèlement, les chiffres de la violence à l’égard des femmes ont augmenté, plusieurs centres IVG ont fermé ou ont échappé de justesse à la fermeture, les femmes ont été frappées de plein fouet par les inégalités provoquées par la réforme inique et arbitraire des retraites imposées par le gouvernement. Ces données, pour ne citer que celles-là, sont révélatrices de l’incohérence et du fonctionnement des politiques nationales, ainsi que, du fossé qui existe entre les effets d’annonce relayés par l’univers politico-médiatique et la réalité de la vie des femmes, des violences et des injustices qu’elles continuent de subir. Le droit de « la » femme ne sert qu’à voiler le mal-logement, le chômage, les discriminations, la relégation sociale, économique et spatiale que les étrangers et les étrangères subissent au quotidien.

Les discours politiquement corrects véhiculent une image totalement erronée des femmes. Les femmes en lutte sont bien loin de l’image victimisante et misérabiliste véhiculée par les pouvoirs politiques européens. La FASTI est solidaire des femmes, ici et dans le reste du monde, là où elles construisent leur autonomie et se battent pour leur émancipation. Femmes membres d’associations dans les cités populaires d’Europe, membres de collectifs de sans-papiers, d’associations de femmes, de coopératives en Afrique, militantes de réseaux solidaires, partout les femmes avancent et résistent à l’oppression patriarcale. De Kaolack à la Courneuve, la Commission Fédérale Femmes de la FASTI est solidaire de ces luttes.

Le calendrier électoral nous invite à beaucoup de prudence et la Commission Fédérale Femmes de la FASTI sera vigilante, elle portera une attention particulière aux propositions des différents partis politiques, concernant notamment la prise en compte des problèmes spécifiques des femmes migrantes ou issues de l’immigration.

La Commission Fédérale Femmes de la FASTI, partie prenante de ces luttes, revendique :

 

  • La solidarité avec les femmes persécutées par les violences sexistes ou sexuelles, et pour leur orientation sexuelle ;
  • La reconnaissance des femmes comme groupe social par la Convention de Genève qui régit les droits des réfugié-e-s ;
  • La mise en place d’une véritable protection des femmes victimes de violences (violences conjugales, mariages forcés, excision, etc.) ;
  • La reconnaissance de l’égalité des droits des femmes étrangères et femmes françaises ;
  • L’autonomie juridique et administrative des femmes ;
  • La citoyenneté pleine et entière sans discrimination qu’elle vienne des lois françaises, étrangère ou des textes légaux internationaux ;
  • L’application du droit le plus favorable sur le territoire français ;
  • L’abrogation des accords bilatéraux ;
  • La régularisation sans conditions de toutes les femmes sans-papiers ;
  • L’abrogation de toutes les lois anti-immigration.
  • L’ouverture des frontières, la libre circulation et la libre installation des personnes ;

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22ème Congrès du 21 au 24 mai 2009 à Aix-en-Provence

 

« C’est la crise ! » Nous sommes nombreux-ses à ne plus pouvoir accepter les commentaires des journalistes occidentaux-ales. Le traitement médiatique de la dite crise financière internationale est, comme d’habitude, centré sur le quotidien des habitant-e-s des pays du Nord.

Qu’en est-il de la crise alimentaire qui a frappé les pays du Sud ?
Qu’en est-il des millions de personnes qui ont vu leurs rations alimentaires diminuer de moitié, en raison de l’augmentation des prix des biens de première nécessité ?
Qu’en est-il des conséquences de cette « crise financière internationale » sur le quotidien des personnes des pays les plus marginalisés ?
Qu’en est-il des catastrophes sanitaires (paludisme, SIDA, etc.) qui font des ravages au quotidien ?

 

Dans ce contexte, ce sont essentiellement les femmes des pays du Sud qui sont en première ligne En première ligne de la précarité, notamment au niveau de l’emploi ;en première ligne des luttes pour survivre. La brochure « Femmes en résistance » de la Commission fédérale Femmes de la FASTI évoque quelques-unes de ces luttes exemplaires dans les pays du Sud.

 

Malgré tout, cette crise économique pourrait être prise comme l’occasion de changer le système. Cependant, plutôt que de penser la possibilité d’échanges réellement égalitaires entre le Nord et le Sud, les dirigeant-e-s préfèrent s’engager dans un système capitaliste dit à « visage humain ». Or, celui-ci ne consiste en réalité qu’à « colmater les brèches » et à faire en sorte que cette forme d’échanges qui enrichit les un-e-s au détriment des autres, se perpétue. A ce titre, nous ne pouvons que nous inquiéter des millions de dollars récemment alloués au Fonds Monétaire International, quand on connaît ses pratiques, et surtout la promotion de l’ultralibéralisme qu’il porte dans les pays du Sud.

 

Au contraire, la Commission fédérale Femmes de la FASTI soutient le développement de rapports fondés sur l’échange et la valorisation des compétences et des savoirs qui doivent permettre aux femmes du Sud de produire par elles-mêmes les moyens de leur émancipation. Elle préconise aussi la constitution de réseaux de femmes aux niveaux local et régional.

 

En France aussi, les femmes sont touchées par cette crise économique : précarisation de l’emploi, licenciements, violences diverses, difficultés d’accès aux droits, etc.

 

En parallèle de cette crise économique, nous craignons de ne pas avoir encore pleinement appréhendé les conséquences des idéologies rétrogrades, telles que celles qui ont été véhiculées par G.W. Bush et ses allié-e-s. La Commission fédérale Femmes de la FASTI s’interroge sur cette lame de fond moralisatrice, vision du monde qui atteint particulièrement les femmes.

 

Le manichéisme de G.W. Bush a assurément des conséquences dans le monde entier. Ainsi, certaines femmes des pays désignés comme « l’Axe du Mal » peuvent se retrouver prises dans des dilemmes : entre « collaboration », résistance nationaliste et intégrisme religieux, certaines Irakiennes, Palestiniennes, Afghanes, Pakistanaises, etc. ont peu de marge de manœuvre.

La division des civilisations en deux camps opposés s’est ainsi diffusée dans le monde entier, apportant partout une régression des droits des femmes.

 

En France, la politique de N. Sarkozy exprime clairement sa volonté réactionnaire concernant les acquis des luttes sociales et féministes : dénigrement de mai 68, remise en cause du droit à l’avortement en octroyant un statut juridique à l’embryon, tentatives de suppression des subventions au Mouvement Français pour le Planning Familial, remise en cause de l’école maternelle, proposition de réduction du congé maternité, etc.

 

Concernant les droits des femmes immigrées en France, la politique « familiale » rejoint celle de lutte contre l’immigration. Nous ne citerons que les durcissements les plus symboliques, parmi ceux observés depuis l’année dernière : la répudiation semble ne plus être considérée comme une violence conjugale, et donc, ne plus être une « preuve » en vue du renouvellement du titre de séjour en cas de divorce (accords bilatéraux franco-algériens) ; le risque d’excision pour une petite fille en cas de retour au pays, ne permettrait plus l’octroi de la protection subsidiaire à ses parents ; etc. Il est à noter que ces deux points faisaient partie des avancées durement acquises ces dernières années par les associations de défense des droits des femmes immigrées, dont notamment le mouvement des ASTI. Leurs remises en cause sont inacceptables et sont de mauvaise augure…

 

Face à ce contexte international de crise économique, mais également de crise idéologique, la Commission fédérale Femmes de la FASTI revendique :

 

  • La solidarité avec les femmes persécutées par les violences sexistes ou sexuelles, et pour leur orientation sexuelle ;
  • La reconnaissance des femmes comme groupe social par la Convention de Genève qui régit les droits des réfugié-e-s ;
  • La mise en place d’une véritable protection des femmes victimes de violences (violences conjugales, mariages forcés, excision, etc.) ;
  • La reconnaissance de l’égalité des droits des femmes étrangères et françaises ;
  • L’ouverture des frontières, la libre circulation et la libre installation des personnes ;
  • L’autonomie juridique des femmes ;
  • La citoyenneté pleine et entière sans discrimination qu’elle vienne des lois françaises, ou des lois et traditions des pays d’origine ;
  • L’application des lois françaises en lieu et place des statuts personnels sur le territoire français ;
  • L’abrogation des accords bilatéraux ;
  • La régularisation de toutes les femmes sans papiers avec une carte de 10 ans ;
  • L’abrogation de toutes les lois anti-immigration.

 

 

Les autres motions

Motion de la Commission femmes 21ème Congrès de la FASTI