Prostitution et violence contre les femmes
La rencontre entre les Femmes Immigrées et les ASTI s’est faite dès la création du mouvement par le biais des cours de français. Ceci a permis de mettre en évidence le manque d’informations sur leurs droits sociaux, liés au séjour ou personnels, sur la nécessité de réfléchir sur leur statut juridique, dépendant de leur situation familiale.
La création d’un secteur spécifique femme à la FASTI intervient en mars 1982 par l’embauche d’une permanente.
Une première rencontre nationale fin 1982 amorce un changement dans la manière d’aborder la problématique des Femmes Immigrées : ce qu’elles cherchent, c’est sortir de chez elles, acquérir une autonomie et une réelle insertion dans le monde du travail. Le résultat est la présence d’un nombre important de Femmes Immigrées au Congrès de Melun en 1983.
Ce secteur connaîtra des hauts et des bas en fonction de l’investissement des militantes et de la présence ou non d’une permanente pour les soutenir.
Un nouveau tournant et une nouvelle dynamique se mettent en place après le Congrès de Valence en 1997. La Commission Femme devient non mixte et s’affirme résolument féministe, affirmant que l’oppression et les discriminations dont sont victimes les Femmes proviennent du système patriarcal en vigueur dans nos sociétés.
Pour orienter le travail de la Commission, nous sommes partis de plusieurs constats :
L’oppression et les discriminations sont amplifiées pour les Femmes Immigrées :
- En tant que femme
- Du fait de leur origine
- Par l’absence d’un statut juridique autonome
Les lois françaises n’ont jamais tenues compte de la Femme Immigrée en tant que telle en ne la considérant que par rapport à son mari ou à ses enfants.
La mondialisation renforce la domination des hommes sur les Femmes, dégradant de plus en plus la situation et la place des femmes dans les sociétés et engendrant l’émergence du caractère politique des violences sexuelles et sexistes
Les Femmes Immigrées aspirent à la liberté, certaines se battant dans leurs pays d’origine pour conquérir cette liberté. Elles fuient les violences, les contraintes et la dépendance dues à la domination patriarcale. Persécutées par ce que femmes elles sont contraintes à l’exil.
A partir de ces constats la Commission Femmes, après analyse et réflexions a élaboré des revendications approuvées lors des Congrès. A savoir :
La solidarité avec les femmes persécutées par des violences sexistes ou sexuelles et pour leur orientation sexuelle. La reconnaissance par la Convention de Genève qui régit les droits des réfugiés dans le monde et par le droit français des femmes comme groupe social opprimé
La mise en place d’une véritable protection des femmes victimes des violences (violences conjugales, mariages forcées, excisions..)
La reconnaissance du droit des femmes étrangères et françaises
L’ouverture des frontières et le droit à la libre circulation des individus et à la libre installation des personnes
Une autonomie juridique des femmes
Une citoyenneté pleine et entière sans discrimination qu’elle vienne des lois françaises ou des lois et traditions des pays d’origine
L’application des lois françaises en lieu et place des statuts personnels sur le territoire français
La régularisation des femmes sans papières avec une carte de 10 ans
L’abrogation des lois Sarkozy
Le retrait de la Loi sur la Sécurité Intérieure criminalisant les personnes prostituées par l’intermédiaire du délit de racolage
La Commission Femmes, formée essentiellement de femmes issues d’ASTI de province, s’est donnée pour missions :
d’être à l’écoute des constats et réflexions des ASTI au contact des Femmes Immigrées
de proposer des actions, des réflexions en conformité avec nos revendications
de mutualiser les expériences mises en place pour faire concrétiser nos orientations
C’est pour répondre à ces objectifs que nous avons consacré, depuis 4 ans, une réflexion sur le système prostitutionnel et éprouvé la nécessité d’organiser ce Forum.