Contre l’esclavage sexuel
Annick RIANI - Mouvement du Nid
« L’Europe n’a rien à envier à l’Asie ou à l’Afrique en ce qui concerne le trafic des femmes en vue de leur exploitation sexuelle. La traite des femmes y est devenue l’une des principales sources de revenus du crime organisé. Les profits sont énormes pour les trafiquants et les risques beaucoup moins élevés qu’en matière de drogue. Depuis l’effondrement du bloc de l’Est, les réseaux de proxénétisme qui font venir à l’Ouest des jeunes filles d’Albanie, de Russie, de Pologne ou autres, sont chaque jour plus nombreux, chaque jour plus puissants et plus audacieux. Très organisés, bénéficiant de solides appuis grâce à la corruption, les proxénètes déplacent régulièrement les jeunes femmes à travers l’Europe afin de renouveler la « chair fraîche » (c’est le terme employé dan le Milieu) et leur facilite encore la tâche puisque les personnes autrefois en situation d’immigration clandestine pourront demain résider régulièrement dans les pays où elles ont été « importées ».
Or, la traite des femmes n’est pas une priorité politique pour les Etats de l’Union. Les notions de traite et de prostitution divergent tant, dans les législations nationales, que les Etats leur apportent des réponses policières et judiciaire différentes. Comment donc agir de façon coordonnée dans une Europe où les sanctions contre les réfugiés au-delà des frontières du pays où le crime a été commis ?
Par ailleurs, les progrès réalisés par les tenants du réglementarisme paraissent inquiétants, la Belgique, l’Allemagne, l’Espagne et la Grèce ayant emboîté le pas au Pays-Bas en la matière. Rappelons qu’aux Pays-Bas et en Espagne, le proxénétisme n’est plus réprimé et que le commerce de « services sexuels » est considéré comme libre et légal. Certes, les Pays-Bas comme la Belgique ont instauré un e nouvelle loi permettant aux personnes en situation de prostitution « contre leur gré » de bénéficier d’un permis de séjour et d’une protection si elles portent plainte ! Faut-il rappeler que les victimes se trouvent en général en situation illégale, incapables de parler la langue du pays et objets de menaces ? Le système entier repose sur la dénonciation individuelle de personnes en état de vulnérabilité. Tout se passe -donc comme si les gouvernements disaient : prostituez-vous, sans violence, sans contrainte librement, mais nous ne voulons pas le savoir. La prostitution ne nous concerne que si elle trouble l’ordre, la sécurité. Si elle présente des dangers pour la santé publique. Et surtout si elle entraîne des enfants dans son sillage. Or, l’existence de la prostitution, son extension, ou son eradication sont de la responsabilité des Etats, garants de la dignité de la personne humaine, de la cohésion du monde et de son avenir ».
C’est pourquoi nous exigeons :
la conscientisation des hommes-clients à l’instar de la Suède. Il faut les amener à responsabiliser leur comportement et à en récuser la « fatalité »,
l’instauration d’une politique de prévention à l’adresse de la jeunesse et une politique d’information visant l’ensemble de la population,
l’harmonisation des politiques européennes dans le sens de la disparition de la prostitution,
l’élaboration dune nouvelle Convention internationale qui se fixe cet objectif, la convention de 1949 n’étant plus appliquée.
la lutte contre les réseaux de criminalité organisés dans les pays de l’Est, qui recrutent à grande échelle des jeunes femme pour la prostitution forcée.
Mouvement du Nid France