Fédération des Associations de Solidarité avec les Travailleurs Immigrés
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Femmes

8 mars 2007

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  • Solidarité avec les femmes


    SOLIDARITE AVEC LES FEMMES

    Martine Bissères
    Présidente de la FASTI

    Les problèmes rencontrés par les femmes sont partout les mêmes. Quelle que soit la zone géographique où elles vivent, elles sont écartées des sphères du pouvoir, discriminées, infantilisées, maintenues soumises, dans des statuts de « mineures » ou considérées dangereuses ou hystériques lorsqu’elles se bougent et se battent.
    Les femmes ont des difficultés à exister en tant que personne : elles sont femme de.., fille de..., mère de...
    Le grand responsable, c’est le patriarcat, en vigueur dans la quasi totalité des sociétés. Lutter contre, est le ciment de notre féminisme et de nos solidarités. Nous sommes solidaires parce que nous luttons pour l’autonomie, l’égalité des droits, pour l’affirmation de notre identité de femmes, pour combattre l’oppression.
    Nous sommes solidaires avec les femmes qui luttent de manière invisible parce qu’enfermées dans la sphère privée ou interdites de paroles publiques, avec celles qui n’ont d’autre choix que la prostitution, qui sont victimes de violences, avec celles à qui on refuse l’Asile alors qu’elles subissent dans leur corps les violences dues aux guerres, aux crises économiques ou à l’organisation de la société dans laquelle elles sont nées (excision, mariage forcé, persécutions quand elles sont homosexuelles.. .).

    Aujourd’hui l’organisation des rapports sociaux dans le cadre de la mondialisation freine les dynamiques de solidarités collectives : le collectif fait peur car il est difficile à contrôler !
    Notre solidarité entre femmes est nécessaire pour faire barrage à l’individualisation galopante de nos sociétés. Être solidaire, c’est privilégier le collectif.
    C’est vivre et s’exprimer dans la vie quotidienne, là où nous vivons, pour sortir du rôle traditionnel et normatif dans lequel on veut nous cantonner ou nous faire revenir. C’est mutualiser nos compétences, mettre en place des démarches de promotion sociale, être des actrices à part entière de la vie économique. A ce titre, c’est se battre contre la précarité, c’est dénoncer la multiplication des emplois « invisibles » où les femmes, surtout immigrées, se retrouvent seules et sous informées comme elles l’étaient il y a 30 ans !
    Être solidaire c’est se retrouver ensemble, pour avancer ensemble, prendre conscience des besoins, trouver des solutions, revendiquer des droits.

    Dans le mouvement ASTI, la solidarité c’est avoir conscience de la double oppression que subissent les femmes immigrées : en tant que femmes et en tant qu’étrangères.

    C’est lutter pour un statut juridique indépendant de celui de leur conjoint, c’est dénoncer, avec elles, les statuts personnels discriminatoires qui leur sont imposés dans leurs pays, c’est revendiquer des papiers pour toutes, le droit d’Asile pour celles qui sont victimes de violences (prostitution, viol, violences conjugales, mariage forcé). C’est revendiquer la libre circulation et la libre installation mais aussi une citoyenneté à part entière, indépendante de la nationalité.
    Les Commissions Femmes dans les ASTI, la Commission Nationale Femmes nous permettent d’être solidaires les unes avec les autres, de donner la parole à celles qui en ont été privées, de soutenir les initiatives individuelles et communautaires, de valoriser le vécu des femmes en migration.

    La prise de conscience du Mouvement ASTI concernant la problématique spécifique femmes remonte aux années 70 quand les femmes sont arrivées, soit individuellement, soit dans le cadre du regroupement familial. L’organisation d’un travail spécifique existe depuis 1982.
    Avec ses partenaires, la FASTI a fait avancer le combat des femmes en migration, mais, notre solidarité doit se renforcer pour que les mentalités changent et que toutes les femmes obtiennent enfin la place qui leur revient dans la société.

    Pour conclure, je citerai la dernière strophe de l’Hymne des Femmes :

    Reconnaissons-nous les femmes,
    Parlons-nous, regardons-nous,
    Ensemble, on nous opprime, les femmes,
    Ensemble, révoltons-nous.