Motion de la Commission Nord-Suds

26ème Congrès du 20 au 22 octobre 2017 à Dourdan

 

Néolibéralisme, colonialisme, autoritarisme : au cœur des migrations

 

Les causes structurelles qui organisent l’inégalité sociale et économique à l’échelle de la planète relèvent des politiques néolibérales et coloniales mises en place par les pays du Nord. Certaines formes de migrations peuvent trouver leur origine dans ces politiques qui ont des effets dévastateurs sur les populations et/ou sur l’environnement. Citons notamment :

-          l’extractivisme qui spolie les ressources naturelles,

-          l’accaparement des terres et les nombreux accords économiques qui détruisent l’agriculture vivrière des pays des Suds,

-          les plans d’ajustement structurel imposés par le FMI, l’OMC et la Banque mondiale, la politique monétaire du Franc CFA, la dette et le service de la dette qui, en Afrique notamment, impactent directement les économies locales.

 

Ce désordre mondial est également alimenté par un interventionnisme militaire décomplexé.  Sous prétextes de « lutte contre le terrorisme » (Mali, Syrie, Irak, opération Barkhane), de conflits interreligieux, de prévention de Génocide (Centrafrique) ou plus généralement de retour à la paix, de protection des femmes ou des droits humains, la France assure une continuité coloniale de sa politique étrangère. Il s’agit bien entendu de maintenir une domination géopolitique, notamment en territoire françafricain, mais également d’assurer les intérêts économiques de la France par l’approvisionnement et le contrôle des matières premières stratégiques (pétrole, uranium, coltan etc.). En démontrant ainsi la « qualité » de l’industrie française de l’armement, la France a fait exploser ses ventes d’armes sur le plan international : de 6 à 16 milliards d’euros entre 2014 et 2016.

 

C’est en affectant directement la situation environnementale, économique, sociale et/ou politique que la France et les pays du Nord créent les conditions qui déterminent certaines populations à s’exiler. Afin que les migrations relèvent, pour toutes et tous, d’un choix libre, d’une envie de découvrir un autre pays, il faut en finir avec la politique néolibérale, coloniale et autoritaire.

 

Il convient d’interrompre cette ingérence coloniale en respectant également le droit à l’autodétermination des peuples. Les peuples des territoires d’Outre-mer, vestiges de la colonisation française, mais également les peuples sahraouis, palestiniens, kurdes et tant d’autres doivent pouvoir bénéficier de ce droit. Le référendum d’autodétermination de Kanaky (Nouvelle Calédonie) aura lieu en novembre 2018. En dépit des règles acceptées par les représentants politiques kanaks et l’État français, l’organisation fait apparaître de nombreuses irrégularités quant à la composition du corps électoral. Tous les kanaks doivent être inscrit-e-s sans condition sur la liste du referendum.

 

Du pays d’origine au pays d’arrivée : une politique migratoire aux conséquences meurtrières

 

Les politiques françaises et occidentales n’en ont pas assez d’impacter fortement les conditions de vies des habitant-e-s des pays des Suds, elles ont également pour objectif de fixer ces dernier-e-s dans leur pays d’origine ou de transit.

 

En effet, d’années en années, les obstacles institutionnels aux migrations se multiplient. Que cela relève de la politique européenne de voisinage ou de la signature de nombreux accords (dits « de coopération », « d’aide au développement », « de gestion concertée des flux migratoires »), les pays des Suds sont contraints à contrôler toujours plus fermement leurs propres frontières. C’est dans ce sens que l’Union européenne a signé en 2016 des accords avec la Turquie et l’Afghanistan et que des négociations sont en cours notamment avec la Libye dans l’objectif d’externaliser l’examen de l’asile. En ce qui concerne les relations entre l’UE et l’Afrique, plusieurs cadres de coopération ont été établis au fil des années : accords de Cotonou avec les pays ACP1, processus de Rabat avec l’Afrique de l’ouest, processus de Khartoum avec la Corne de l’Afrique. Le sommet euro-africain de la Valette de novembre 2015 va encore plus loin dans cette dynamique en créant un fond fiduciaire d’urgence de 1,8 milliards d’euros. Cet argent, censé « aider au développement » des pays africains, finance en réalité l’externalisation des contrôles aux frontières et l’implantation d’entreprises privées européennes notamment au Niger et en Libye. C’est ainsi que les techniques européennes de contrôle des personnes migrantes (fichage, biométrie, tri, encampement) sont importées dans les pays des Suds et rétablissent des contrôles internes au sein même des espaces régionaux de liberté de circulation tels que la CEDEAO2.

 

Par ailleurs, au cours de l’automne 2016, l’agence européenne de contrôle des frontières Frontex a vu son mandat renforcé lui accordant une plus grande autonomie. Elle dispose à présent de plus grandes capacités pour se déployer aux frontières extérieures de l’Union européenne et pour reconduire des migrant-e-s dans des ports désignés comme « sûrs ». Elle coopère également plus facilement avec des pays tiers afin de mener des opérations conjointes et d’échanger des informations dans l’opacité la plus totale. 

 

À l’ensemble de ces embûches s’ajoutent de véritables murs faits de béton ou de barbelés. Alors que les Etats-Unis exigent du Mexique qu’il finance les 3 000 km de frontières terrestres qui séparent les deux pays, l’Europe fait pression sur les pays des Balkans pour un contrôle ferme de leurs frontières. C’est ainsi qu’au cours des années 2015 et 2016, de nouvelles barrières ont été érigées tout au long de la route des Balkans, notamment aux frontières Macédoine/Grèce, Hongrie/Croatie, Hongrie/Serbie, Hongrie/Roumanie, Bulgarie/Turquie, Bulgarie/Grèce.

 

Les murs isolent les pays mais également les hommes et les femmes qui se retrouvent enfermé-e-s aux frontières intérieures de l’Europe. Sous pression de l’Union européenne, l’Italie et la Grèce ont ouvert des hotspots, centres de tri entre les « bons réfugié-e-s » et les « mauvais migrant-e-s ». Alors que les premier-e-s y sont enfermé-e-s dans l’attente d’être relocalisé-e-s ailleurs en Europe, les second-e-s y sont enfermé-e-s dans l’attente d’être expulsé-e-s. La politique de relocalisation elle-même est un échec, puisque sur les 160 000 relocalisations prévues sur deux années (septembre 2015 à septembre 2017), moins de 30 000 ont effectivement été réalisées. Pour celles et ceux qui échappent à l’étape « hotspots », ils/elles doivent encore faire face au rétablissement des frontières internes, comme c’est le cas dans la vallée de la Roya ou à d’autres points de passages entre l’Italie et la France.

 

L’ensemble de cette politique anti-immigration mise en place par les gouvernements français et européens ont des conséquences inévitables. En 2016, plus de 5 000  migrant-e-s ont trouvé la mort en traversant la mer Méditerranée. Ce triste record ne comptabilise pas les naufrages au large de Mayotte directement liés à la mise en place du visa Balladur, ni les décès au long du parcours migratoire, depuis le désert du Sahara jusqu’à Calais. Loin de toute compassion, les politiques accusent les ONG de faire le jeu des passeurs en sauvant des réfugié-e-s et font le lit des fascistes européens qui ont affrété en 2017 un bateau contre les migrant-e-s.

 

Une fois en France : non-accueil, (endo)colonialisme et politique de racialisation

 

Celles et ceux qui arrivent néanmoins à pénétrer sur le sol français doivent faire face à une politique de non-accueil. Le gouvernement a annoncé une énième réforme du code des étranger-e-s qui va dans le même sens que les précédentes : durcissement des droits, catégorisation croissante des personnes migrantes, affaiblissement du contrôle judiciaire. En la matière, les territoires d’Outre-mer sont soumis à des régimes juridiques d’exception, faisant écho aux anciens code Noir et code de l’indigénat. C’est particulièrement le cas à Mayotte où l’obtention des titres de séjour est soumise à des conditions supplémentaires et où les demandeur-euse-s d’asile n’ont pas accès aux conditions minimales d’accueil.

 

C’est au plus haut sommet de l’Etat que l’amalgame entre les personnes étrangères et les « délinquants »/« terroristes » est relayé, comme le prouve la dernière déclaration du président de République annonçant que « les étrangers en situation irrégulière qui commettent un délit seront expulsés ».  Au-delà des personnes étrangères, ce sont l’ensemble des populations racisées qui font l’objet d’un traitement différencié, de discriminations systémiques. Le racisme d’Etat s’exprime notamment au travers de l’organe policier, comme nous le rappelle l’affaire Adama Traoré de juillet 2016, l’agression de Théo de janvier 2017 et l’affaire Yassine de septembre 2017. L’ « ennemi de la nation », qu’il se situe à l’intérieur ou à l’extérieur du territoire est le même : le musulman, potentiel terroriste. Son identification et sa désignation permet aux autorités françaises de justifier les interventions extérieures en Afrique et au Moyen-Orient, mais également les interventions intérieures sous couvert d’ « état d’urgence », état liberticide dans lequel la France est plongée depuis 2 ans et qui sera entériné dans le droit commun avec l’adoption d’une prochaine loi « renforçant la lutte contre le terrorisme et la sécurité intérieure  ».

 

Dans la continuité des positionnements adoptés dans les précédentes motions de la commission Nord/Suds, la FASTI revendique :

  • la fin de la domination coloniale sous ses différentes manifestations (économiques, militaires, politiques et notamment politique migratoire) ;
  • le respect du droit à l’autodétermination des peuples ;
  • la fin des législations d’exception (lois antiterroristes, lois spécifiques pour l’Outre-mer) ;
  • la liberté de circulation et d’installation et l’égalité des droits auxquelles s'ajoute la nécessité de repenser et de dépasser le « modèle » de l’Etat-Nation ;
  • la fin du racisme d’Etat sous ses différentes manifestations (pratiques et crimes policiers, lois, justice à deux vitesses etc.).

 

Pour cela, la commission Nord/Suds se donne pour moyens :

  • Dans chaque ASTI, associer et informer les adhérent-e-s et bénévoles de nos activités, nos revendications et nos luttes;
  • Sensibiliser la population aux problématiques Nord/Suds par le biais des rencontres « Regards Croisés », des brochures « Kwado » et autres publications, notamment sur la question de la Kanaky ;
  • Poursuivre et soutenir les campagnes locales, nationales et internationales pour la liberté de circulation et d’installation et contre les rapports de domination Nord/Suds ;
  • Continuer à faire vivre le débat au sein du Mouvement sur la question du racisme et de la politique de racialisation ;
  • Travailler en réseau et consolider les partenariats existants au Nord comme aux Suds (Des Ponts Pas des Murs, Migreurop, Boats4People, la Plateforme de Solidarité avec le Peuple Sahraoui, etc.) ;
  • Participer aux actions et événements inter-associatifs anticolonialistes et anti-impérialistes (Salon et Semaine Anticoloniale, Fête de l’Humanité, forums sociaux, contre-sommets internationaux) ;
  • S’associer aux travaux des Commissions Séjour-Europe, Femmes et Jeunesse.

 

1 – ACP : Pays d'Afrique, Caraïbes et Pacifique

2 – CEDEAO : Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest


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25ème Congrès du 14 au 17 mai 2015 à Menthon-Saint-Bernard

 

En menant des actions de solidarité avec les personnes étrangères, le mouvement des ASTI peut témoigner quotidiennement des inégalités juridiques, sociales, économiques et discriminations systémiques auxquelles celles-ci sont exposées. La commission Nord/Suds s’efforce d’analyser ces questions au prisme des rapports de domination coloniaux, néocoloniaux et postcoloniaux. L’imaginaire collectif continue d’être habité par des formes de racisme dont l’origine remonte aux grandes découvertes du XVème siècle, à la mise en place de la traite négrière et du système colonialiste. Les formes actuelles de racisme (islamophobie, négrophobie, rromophobie etc.) reposent sur une structure étatique qui les produit et véhicule à travers le discours public et les politiques publiques.

La guerre menée aux ennemis « intérieurs » : entre racisme et post colonialisme

Ces politiques se déclinent notamment par la poursuite d’une véritable guerre à l’encontre des personnes sans-papiers à travers les législations spécifiques, les contrôles incessants, l’enfermement administratif, les procédures d’expulsions, le maintien dans la précarité, etc. Cette guerre est d’autant plus féroce dans les territoires d’Outre-mer. À Mayotte, les expulsions atteignent des chiffres colossaux (près de 16 000 personnes en 2013) et les législations d’exception, héritages de la colonisation, perdurent en Outre Mer pour les personnes étrangères ou considérées comme telles.

A l’échelle nationale, l’Etat racialise les personnes  à travers les lois anti-terroristes ou discriminantes, les contrôles au faciès, le traitement spécifique réservé aux personnes vivant dans les quartiers populaires, une justice à deux vitesses, etc.

La FASTI revendique la régularisation de tou-te-s les sans-papiers, la fermeture de tous les centres de rétention administrative, la fin des législations d’exception et l’égalité des droits. Elle dénonce le racisme et la xénophobie d’Etat qui se répercutent dans les différentes institutions étatiques, notamment au sein de la police, de la gendarmerie et de la justice, ainsi qu’à travers une gestion coloniale des quartiers populaires et des territoires ultramarins.

La fortification de l’espace français et européen : une approche coloniale des migrations internationales

La France et l’Europe s’inventent également des « ennemis extérieurs ». Les potentiel-le-s migrant-e-s sont empêché-e-s coûte que coûte de pénétrer sur le sol français ou européen. Depuis une quinzaine d’années, l’Europe est devenue une forteresse voulue infranchissable pour toutes les personnes jugées indésirables. Les mort-e-s et disparu-e-s sur les routes migratoires terrestres et maritimes , relèvent directement de la responsabilité des dirigeant-e-s français-es et européen-ne-s.

En effet, ces derniers ont décidé de créer une agence meurtrière de contrôle aux frontières en 2005 (Frontex) dont le budget prévisionnel atteint 114 millions d’euros pour 2015. Les relations politiques et économiques déséquilibrées nouées avec les pays des limitrophes permettent à l’Europe de négocier de nombreux accords afin d’externaliser le contrôle des migrations et de s’affranchir de ses obligations en matière de droits humains. En 2013 et 2014, deux « partenariats pour la mobilité » ont été établis entre l’Union européenne et le Maroc d’une part et l’Union européenne et la Tunisie d’autre part. Ces « partenariats » prévoient des accords de réadmission permettant d’organiser les expulsions de personnes en situation irrégulière vers ces deux pays. Un accord dit de « circulation » est également en train d’être négocié entre la France et l’Union des Comores dans l’objectif de renforcer la forteresse mahoraise et de réaffirmer l’appartenance française de Mayotte contrairement aux recommandations de l’ONU.  L’externalisation du contrôle des frontières est en train de franchir un nouveau cap avec la réapparition de l’idée de créer des centres de traitement de l’asile externalisés dans le cadre du processus de Khartoum, « dialogue euro-africain » initié en 2014. Ces différents instruments s’inscrivent totalement dans la continuité d’une logique coloniale maintenant les pays limitrophes sous domination.

La FASTI revendique la dissolution de Frontex et l’abrogation de l’ensemble des accords de gestion dite  « concertée » des flux migratoires, des accords de réadmission, des accords de « circulation », des « partenariats pour la mobilité ». Elle revendique plus globalement la liberté de circulation et d’installation pour tou-te-s partout.

Migrations et colonialisme : la nécessité de placer la question économique et environnementale au centre des enjeux

Bien que les migrations soient consubstantielles à l’humanité, les politiques françaises et européennes nient ce fait en assignant toute une partie de la population à résidence.  De façon paradoxale, ces mêmes politiques créent les conditions qui poussent nombre de personnes à se déplacer. En effet, les leviers utilisés par les pays du Nord afin de maintenir leur domination géopolitique et économique sur les pays des Suds creusent les inégalités entre les populations.

Parmi ces leviers, les accords économiques passés avec les pays des Suds conduisent à un pillage organisé des ressources naturelles, à une destruction de l’agriculture vivrière, de l’équilibre écologique et à une paupérisation des populations. Certains pays endettés se voient également imposer par les institutions financières internationales (FMI, OMC, Banque mondiale) des plans d’ajustement structurel. Ils se retrouvent dès lors soumis à une gestion budgétaire de rigueur et une privatisation des services publics. Dans les « anciennes » colonies françaises, la politique monétaire est elle-même placée sous contrôle (maintien du franc CFA) au mépris de l’intérêt des populations.

La FASTI lutte contre l’ensemble des dominations Nord/Suds, qu’elles soient économiques, politiques ou monétaires. Elle demande l’annulation sans condition de la dette illégitime et odieuse des pays des Suds et le remboursement des sommes injustement versées. La FASTI exige la suppression des institutions financières internationales du capitalisme international et le respect du droit à l’accès à l’eau, à la souveraineté alimentaire et à la justice environnementale .

D’autres leviers relèvent directement d’une approche coloniale. A travers une présence physique ou une appropriation foncière, la France maintient ses intérêts géopolitiques et économiques dans plusieurs pays des Suds.

Les interventions militaires, dernièrement en Libye, Centrafrique et Mali, le déploiement de contingents militaires notamment dans le Sahel à travers l’opération Barkhane lancée en 2014, permettent à la France de maintenir sa présence et participer à la spoliation des ressources naturelles. La départementalisation de Mayotte et de la Réunion a par ailleurs permis à la France d’assurer un pied à terre au sein du canal du Mozambique, tout comme la régionalisation de la Guyane au sein de l’espace sud américain. En parallèle, les accaparements de terres perpétuent la colonisation foncière, économique et humaine de plusieurs pays des Suds. La France nie le droit à l’autodétermination des peuples et se rend complice de la colonisation de la Palestine et du Sahara occidental.

La FASTI exige le retrait des troupes militaires et la fermeture de toutes les bases militaires françaises à l’étranger. Elle réclame la fin de l’accaparement des terres, la restitution des terres accaparées et le dédommagement des populations. Elle défend le droit à l’autodétermination des peuples.

Au-delà des questions migratoires, il est nécessaire de porter son attention aux causes structurelles qui organisent l’inégalité économique et sociale à l’échelle de la planète. Le problème central est bien celui du capitalisme mondialisé. La liberté de circulation et d’installation doit être pensée en lien avec une remise en cause globale du système économique mondial et des systèmes de domination colonial, patriarcal et social.

Afin de porter ces revendications, la commission Nord/Suds se donne les moyens suivants :

  • Dans chaque ASTI, associer et informer les adhérent-e-s et bénévoles des activités, revendications et luttes de la commission ;
  • Sensibiliser la population aux problématiques Nord/Suds à travers les rencontres « regards croisés », des brochures « Kwado » et autres rendez-vous et publications ;
  • Poursuivre et soutenir les campagnes locales, nationales et internationales pour la liberté de circulation et d’installation et l’égalité des droits ;
  • Poursuivre et soutenir les campagnes locales, nationales et internationales contre les formes actuelles de colonialisme ;
  • Travailler en réseau et consolider les partenariats existants au Nord comme aux Suds, y compris la participation au niveau local comme international aux initiatives contre le réchauffement climatique;
  • Participer aux actions et événements inter-associatifs anticolonialistes et anti-impérialistes ;
  • S’associer, de façon transversale, aux travaux des autres commissions et activités de la FASTI.

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24ème Congrès du 9 au 12 mai au Havre


La politique européenne d’immigration au coeur

des rapports de domination Nord/Suds


Afin de mieux définir la réalité des rapports internationaux actuels, la terminologie de la Commission a été modifiée. Les « Suds » représentent une diversité de pays, tant sur le plan géographique et démographique que sur le plan socio-économique et politique. Cette pluralité de pays et leurs populations sont placés sous une domination néolibérale mise en oeuvre par les élites politiques et économiques des pays dits « du Nord ». Nous garderons le singulier du terme « Nord » afin de symboliser la cohérence du système de domination oligarchique mis en oeuvre dans l’objectif de servir les intérêts d’une minorité unifiée.

Les ASTI revendiquent une égalité universelle des droits à travers le monde ainsi que l’ouverture de toutes les frontières en application de l’article 13 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme :
1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un État.
2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.
L’égalité universelle passe également par une remise en cause des rapports Nord/Suds et par l’abandon des politiques (néo)coloniales.

Comme tout un chacun-e, les personnes « immigrées » doivent être considérées dans leur globalité, en prenant en compte leurs identités, leurs histoires, leurs origines, leurs résistances et leurs combats. Travailler ensemble sur la réalité des pays d’origine nous permet de bâtir les résistances face au système de domination néolibéral, raciste et patriarcal qui met en opposition les un-e-s et les autres.

L’EUROPE FORTERESSE

Les politiques européennes en matière d’immigration et la constitution d’une véritable Europe-Forteresse ont coûté la vie a minima à 18 000 personnes au cours des 20 dernières années. Le renforcement et la militarisation des frontières européennes a été facilité par la création en 2004 de Frontex, l’agence européenne de contrôle des frontières extérieures de l’UE. Cette agence, dotée notamment de navires de combats, hélicoptères et drones, a pour objectif d’intercepter et de refouler les migrant-e-s en Mer au mépris des droits fondamentaux et de toute humanité.

  • Les ASTI revendiquent la dissolution de Frontex.

Par ailleurs, l’Union Européenne oblige les pays situés à ses frontières extérieures à endosser le rôle de « gendarmes de l’Europe » par le biais d’accords de gestion dite « concertée » des flux migratoires. Il s’agit d’endiguer en amont une potentielle émigration vers les pays européens.
Sous couvert de « solidarité internationale », l’aide publique au développement accordée aux pays du Sud permet également de favoriser cette externalisation des frontières européennes. En effet, cette « aide » est accordée à condition que les pays acceptent de contrôler les migrations et réadmettent leurs ressortissant-e-s en situation irrégulière sur le sol français ou européen (accords de réadmission).
Les droits les plus fondamentaux des migrant-e-s sont ainsi bafoués : notamment celui de quitter tout pays, y compris le sien (Déclaration Universelle des Droits de l’Homme) et celui de demander protection dans un État-tiers (Convention de Genève du 28 juillet 1951).

  • Les ASTI revendiquent l’abrogation des accords de gestion dite « concertée » des flux migratoires, des accords de réadmission et la fin du conditionnement de l’aide publique au développement au contrôle des flux migratoires.

Face à de tels constats, la politique européenne en matière d’immigration – qui est l’une des manifestations de la domination du Nord sur les Suds – doit être combattue. Il est plus que nécessaire d’ouvrir les frontières et de permettre à chacun-e de circuler et s’installer librement dans le pays de son choix. Dans la continuité de cette lutte, il s’agit de dénoncer l’ensemble du système (néo)colonial toujours à l’oeuvre aujourd’hui, malgré les dénégations de certains responsables politiques en France.


LA CONTINUITÉ COLONIALE ET SES INSTRUMENTS

La continuité du colonialisme français s’exprime au travers de l’existence même des Motion de la Commission Nord/Suds du Mouvement des ASTI - Congrès 2013 2/4 départements, régions et collectivités d’Outre-Mer. Ces territoires sont soumis à de véritables régimes juridiques d’exception qui touchent l’ensemble des citoyen-ne-s et de manière spécifique les étranger-e-s.
D’autres États, soutenus par les puissances du Nord, mettent en oeuvre une politique coloniale au mépris des recommandations de l’ONU. Il est nécessaire de renforcer notre solidarité avec les luttes des peuples colonisés, notamment avec les Palestinien-ne-s et les Sahraoui-e-s et de promouvoir le droit à leur autodétermination.

  • Les ASTI revendiquent le respect du droit à l’autodétermination des peuples.

La dette – odieuse et illégitime – exigée aux pays des Suds constitue l’un des freins les plus importants à leur développement. Certains pays endettés se voient également imposés des plans d’ajustement structurel par le Fond Monétaire International. Ils se retrouvent dès lors soumis à une gestion budgétaire de rigueur, une privatisation et une marchandisation croissante de leurs services publics. Ces effets sont d’autant plus destructeurs que les gouvernements des Suds protègent les intérêts des multinationales et non pas ceux des populations.

  • Les ASTI revendiquent l’abrogation de la dette des pays des Suds et le remboursement des sommes versées.

Par ailleurs, le phénomène croissant de l’accaparement des terres impose une colonisation foncière, économique et humaine aux conséquences désastreuses : chômage, exode rural forcé, paupérisation de la population, disparition des savoirs traditionnels, passage de
l’autosuffisance à la dépendance alimentaire etc.

  • Les ASTI revendiquent la fin de l’accaparement des terres, la restitution des terres accaparées et le dédommagement des populations.

L’accaparement des terres constitue l’extension d’une agriculture de type industriel, notamment mise en oeuvre par l’Union Européenne dans le cadre de sa politique agricole commune. La nuisibilité sociale, écologique et économique d’une telle agriculture est aujourd’hui démontrée, alors que des alternatives existent (agro-écologie).
Enfin, sous couvert de lutte contre le terrorisme, les dirigeant-e-s du Nord décident d’intervenir militairement dans plusieurs pays (que ce soit en Libye, au Mali ou peut-être prochainement en Syrie) en fonction de leurs seuls intérêts géopolitiques et économiques et en soutenant, voire en y plaçant, des gouvernants à leur solde. Ces interventions militaires s’inscrivent dans la continuité d’une logique de domination impérialiste. Nous affirmons que la guerre n’est jamais une solution, toujours une erreur.

  • Les ASTI revendiquent le retrait des troupes militaires et la fermeture de toutes les bases militaires, notamment françaises, qui maintiennent la domination impérialiste.

En parallèle de ces revendications spécifiques, les ASTI luttent pour :

  • L’ouverture des frontières, la liberté de circulation et d’installation pour toutes
    et tous;
  • Le respect des droits fondamentaux des personnes, notamment lorsqu’elles sont amenées à migrer, sous l’égide d’un Haut Commissariat aux Réfugiés totalement repensé et refondé;
  • L’égalité universelle des droits;
  • Le démantèlement des organismes autoproclamés tels que le G8 et G20, et la refondation totale des institutions internationales telles que l’OMC, le FMI et la Banque Mondiale pour les mettre au service des peuples;
  • La fin des politiques coloniales et néocoloniales...

Notre force est notre capacité à agir en éliminant toute référence explicite ou implicite à l’argent car il n’y a pas d’autres richesses que l’homme. Nos moyens sont :

  • Le respect d’un véritable droit d’asile
  • Dans chaque ASTI, associer et informer les adhérents et bénévoles de nos activités, nos revendications et nos luttes;
  • Sensibiliser la population aux problématiques Nord/Suds par le biais des rencontres « Regards Croisés », des brochures « Kwado » et autres publications;
  • Poursuivre et soutenir les campagnes locales, nationales et internationales pour la liberté de circulation et d’installation et contre les rapports de domination Nord/Suds
  • Travailler en réseau et consolider les partenariats existants au Nord comme aux Suds (Des Ponts Pas des Murs, Migreurop, Boats4People, la Plateforme de Solidarité avec le Peuple Sahraoui, etc.);
  • Participer aux actions et événements inter-associatifs anticolonialistes et antiimpérialistes (Salon et Semaine Anticoloniale, Fête de l’Humanité, forums sociaux, contre-sommets internationaux);
  • S’associer aux travaux des Commissions Séjour-Europe, Femmes et Jeunesse.

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 23ème Congrès du 2 au 5 juin 2011 à Nîmes


DES RAPPORTS DE DOMINATION NORD/SUD CONSOLIDES PAR LES ACCORDS DITS DE CO-DEVELOPPEMENT


PREAMBULE
La terminologie dominante nous a imposé la langue ici utilisée. Ainsi l’expression Nord/Sud doit être comprise comme l’opposition entre pays dominant et pays dominé. Consciente que ce vocabulaire n’est plus en mesure de rendre compte des nouvelles formes de dominations qui ont émergé avec l’avènement du néolibéralisme, la FASTI s’engage à réfléchir à la recherche de nouveaux concepts opérationnels pour dire le Réel et analyser les diverses formes d’exploitations à l’œuvre sur la planète aujourd’hui.


Depuis le début du printemps arabe, les Tunisien-ne-s ont manifesté une solidarité spontanée en accueillant plus de 600 000 réfugié-e-s, notamment libyen-ne-s. Pour leur part, les autorise ? européennes parlent d’un afflux massif alors que seuls 25 000 migrant-e-s tunisien-ne-s sont arrivé-e-s jusqu’aux côtes italiennes.

La France et l’Europe ne prenant pas leurs responsabilités pour accueillir ces hommes et ces femmes – non reconnu-e-s comme réfugié-e-s statutaires – la situation humanitaire dans les camps situés à la frontière entre la Libye et la Tunisie est aujourd’hui dramatique.

Dans le même temps, la Françafrique est toujours vivante ! L’implication militaire française dans la gestion de la crise politique ivoirienne, l’intervention armée de l’OTAN en Libye – sous l’impulsion de la France – s’inscrivent pleinement dans la continuité d’une logique coloniale et dominatrice. Pour s’en convaincre, il suffit de se rappeler la présence des plus hautes autorités de l’État français à l’avènement de l’héritier Bongo, de Monsieur Ouattara, et du soutien au sanglant Paul Biya…

Autant d’événements qui révèlent la vision utilitariste des dirigeants français. Après avoir longtemps appuyé les clans Kadhafi, Ben Ali, Moubarak, Gbagbo… La France retourne sa veste dans le but de redorer son image de pays défenseur des Droits de l’Homme et elle ne cherche qu’à maintenir ses intérêts politico-économiques.

Des actions dites de « solidarité » et de « co-développement » sont imposées dans le seul but de maintenir la domination Nord/Sud. Ainsi, les financements de projets de « développement solidaire » sont conditionnés à l’application d’accords bilatéraux qui contiennent, entre autre, des clauses de réadmission des personnes en situation irrégulière sur le sol français. Le « co-développement » permet ainsi à la France d’externaliser le contrôle des frontières.

De plus, le contenu de l’Aide Publique au Développement (APD) accordée par la France aux pays en voie de développement est largement contestable. Si elle permet soi-disant de contribuer au développement des pays, l’APD prend en compte notamment le remboursement de la Dette des pays du Tiers-Monde.

Il convient donc d’interroger, de déconstruire les notions de développement solidaire,
co-développement ainsi que d’analyser les mécanismes qui sous-tendent l’aide publique au développement afin d’imaginer de nouveaux rapports Nord/Sud.

 

La Commission Nord/Sud de la FASTI refuse :

 

  • Le rapport de domination des pays du Nord à l’égard des pays du Sud et ses conséquences désastreuses (économique, sociale et écologique)
  • Le conditionnement de l’aide publique au développement au contrôle des flux migratoires
  • La militarisation des frontières de l’Europe


La Commission Nord/Sud de la FASTI exige :

 

  • Le démantèlement des organismes internationaux – G8, G20, OMC, FMI, etc. – qui prétendent diriger le monde contre la volonté des peuples
  • L’ouverture des frontières, la libre circulation et la libre installation pour toutes et tous
  • L’abrogation de la dette des pays du sud
  • Le remboursement de la dette versée par les pays du Sud
  • L’abandon par l’Union Européenne de l’interdiction faite aux pays du Sud de recourir aux taxes à l’exportation pour protéger leurs matières premières et leurs revenus
  • L’abandon immédiat de la politique européenne d’externalisation du contrôle des flux migratoires
  • La suppression pure et simple des accords de réadmission
  • La dissolution immédiate de Frontex
  • Le retrait des troupes et la fermeture de toutes les bases militaires qui maintiennent la domination impérialiste


Les actions et moyens de la Commission Nord/Sud sont :

  • Dans chaque ASTI, associer et informer les adhérents et bénévoles de nos activités, nos revendications et nos luttes
  • Sensibiliser la population aux problématiques Nord/Sud par le biais des rencontres « regards croisés » et des publications
  • Poursuivre et soutenir les campagnes nationales et locales pour dénoncer les rapports de domination Nord/Sud
  • Travailler en réseau et consolider les partenariats existants au Nord comme au Sud
  • S’associer aux travaux de la Commission Séjour-Europe et de la Commission Femmes

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